Ateliers de Recherche et de Création

Les ARC (Ateliers de Recherche et de Création) sont des instances d’enseignement transversales orientées vers la recherche en art.

Initialement conçus comme un espace d’initiation à la recherche propre au 2nd cycle, les ARC ont été ouverts à la 3e année au titre d’une préparation des étudiant(e)s à cette question.

Animés par des équipes pédagogiques pluridisciplinaires composées d’artistes et de théoriciens, les ARC sont organisés à partir de quatre thèmes :

  • Traduction/translation,
  • Esthétique de l'enquête
  • Questions de Morphogenèses

Les ARC : objectifs

Les ARC ont pour objectif d’introduire à une pratique de la recherche basée sur la transversalité culturelle, processuelle et technique de ses modes d’investigation.

Ils proposent en ce sens une expérience d’immersion dans les modalités d’enseignement collectives (cours, workshops, séminaires, travaux dirigés, dialogues…) au contact d’intervenants extérieurs à l’école (artistes, théoriciens, professionnels) choisis pour leur qualité dans les domaines qu’ils représentent. 

ARC Traduction/translation

Cet ARC invite à une réflexion sur la notion de traduction appliquée au processus de la création artistique. Il pose la question des sources documentaires, littéraires, filmiques… à partir desquelles se construit une œuvre et des modalités de leur intégration à une élaboration artistique.

 

Enseignants :

Olivier Millagou, Edouard Monnet, Ian Simms, Cédric Teisseire, Solange Triger, Jean-Baptiste Warluzel

 

Objectifs : Engager une réflexion sur la nature « traductive » de certaines œuvres empruntées indistinctement à l’histoire de l’art, au cinéma, au champ théorique, aux domaines des sciences et techniques, à la culture populaire, à la musique contemporaine, à la littérature, aux arts de la scène…

 

Contenus :  L'Atelier de Recherche et Création « Traduction Translation » engage une réflexion sur la nature « traductive » de certaines œuvres, qu'elles soient ancrées dans le réel, un événement, une rencontre, une fiction, un document, ou encore une œuvre préexistante. La traduction se définit communément par son caractère second : l’« après coup » de l’acte de traduire un original et le lieu décalé où se situe le traducteur, übersetzer, à côté ou métaphoriquement au-dessus de l'épaule de l'auteur, au-delà. Alors que l'art, la philosophie et les évolutions technologiques du XXe siècle ont mis en crise les notions d'original, d'auteur et de centralité, de quelles manières la posture du traducteur pourrait-elle nous permettre d'envisager celle de l'artiste dans un monde globalisé et immatériel au XXIe siècle ?

Cette démarche implique d’abord d’expliciter les termes français « traduction », anglais « translation », et l'adjectif « traductive » en tenant compte des nuances qu’ils suggèrent d’emblée. Elle suppose aussi de revenir sur les définitions de notions connexes et parfois antinomiques telles que : original, après-coup, parallaxe, paradoxe, désynchronie, répétition, copie, ekphrasis, auteur, même, autre, différance (cf. Derrida), déplacement, détournement, identité, multiplicité, authenticité, simulation, actuel, virtuel… et de considérer la manière dont elles irriguent le travail des étudiants, ou sont susceptibles de le faire à l'avenir.

Les séances de l'ARC s’appuieront sur l'intervention des enseignants et étudiants de l'ARC concernant l’étude de références appropriées, empruntées indistinctement à l’histoire de l’art, au cinéma, au champ théorique, aux domaines des sciences et techniques, à la culture populaire, à la musique contemporaine, à la littérature, aux arts de la scène, etc. Chaque séance pourra se prolonger dans une proposition d'exercice pratique.

 

 

ARC Esthétique de l'enquête

L'exploration du voisinage de l'école. L’environnement de l’école est riche en situations particulières. Postés devant l’entrée principale de l’école, faisons ensemble un tour virtuel dans le sens des aiguilles d’une montre...

 

Enseignants :

Hendrik Sturm, Jean-Michel Fidanza

 

Objectifs et contenus : Enquête sur le voisinage de l’école qui amène à une production des formes : l’ARC proposera aux étudiants de se familiariser avec les procédures de recherche et d’enquête, et avec l’usage de la théorie qui les accompagne. Observations, entretiens, collectes, documentations, recherches archivistiques, patrimoniales et études des infrastructures urbaines : le choix de la méthode a déjà une valeur esthétique.

 

 

ARC Questions de Morphogenèse 2020 / 2021

Acte 11 Morphogenèse spéculative #1 

Enseignants :

Pascal SIMONET & Cédric VINCENT 

 

Objectifs et contenus : 

Morphogenèse : par ce terme on entend à la fois nous interroger sur l’origine ontologique des structures qui conduisent à la forme et par extension les contextes et processus générateurs de formes nouvelles.

Spéculative : Renvoie à tous ces « aurait pu » ou « pourrait être » qui hantent les situations. C’est intensifier le sens des possibles qu’une situation recèle à travers les luttes pour une autre manière de la faire exister. C’est pourquoi la « pensée spéculative » se retrouve dans les narrations (science-fiction par ex) qui explorent d’autres trajectoires possibles. Le sens du terme qui nous intéresse reprend celui du philosophe anglais Alfred N. Whithehead pour lequel " La philosophie ne saurait négliger les milles facettes du monde - les fées dansent, et le Christ est cloué sur la croix"1.

Ce que nous appelons ici morphogenèse spéculative, rejoint dans une dimension prospective et plastique, le champ des récits, son décryptage ainsi que celui des formes générées.

L’A.R.C. offrira un cadre pour nous entraîner à élargir le spectre, le rapport à l’histoire, aux histoires, à inventer des manières sensibles pour voir qu’on était passé à côté de toute une série de possibles encore actifs aujourd’hui pour transformer les choses. Élargir le spectre jusqu’à des formes de science-fiction. Multiplier les types d’approches, les points de vue, multiplier les versions narratives possibles. Fabriquer des personnages, des mythes, inventer de nouvelle(s) situation(s) pour intensifier ce monde-ci. Il doit s’en dégager une énergie du faire, du tester, du mettre à l’épreuve, une attention au geste, à la mise en œuvre qui nous aide à comprendre les processus dans nos propres recherches artistiques.

À l’ordre du jour : l’incarnation des jeux sciences fictionnels, les prototypes étranges du design fiction, les mises en récit de la collapsologie jusqu’aux narrations spéculatives prônées par Donna Haraway et Isabelle Stengers, au fictionnalisme de Philippe Thomas, à la théorie du fictionnaire de Dominiq Jenvrey, en passant par l’expérience de la vraie fausse religion créée par Jim Shaw, ou des matériaux zombis de Isabelle Andriessen. Des parcours, peut-être plus inattendus, nous mèneront du côté des mythes de l’afrofuturisme et des écritures stratifiées de l’ancien Testament.

Au programme également l’exposition Possédé.e.s à la Panacée à Montpellier. Cette visite nous donnera l’opportunité de rencontrer des œuvres qui utilisent les imaginaires ésotériques, de l’occulte et de la SF queer. Jamais restreint à un médium, mais au contraire ouvert à toutes approches et pratiques transversales sur les questions de l’ontologie, de la représentation, de la fiction, de la narration et de l’image : c’est ainsi que l’atelier se dépliera et pourra jouer des glissements successifs et historiques selon les intervenants qui viendront ponctuer l’année.

Notre champ d'investigation va vers des modes de représentation à même de donner formes à certains espaces et mondes inexplorés, en nous intéressant à ce qui échappe parfois à certains récits, dans les limites de traductions successives et par conséquent de compréhension.

1 : A. N. Whitehead, Procès et réalité. Essai de cosmologie, Traduit de l'anglais par D. Charles, M. Elie, M. Fuchs, J.-L. Gautero, D. Janicaud, R. Sasso, ... de B Bouckaert · 1995