Bureau des PaySAGEs en Mouvement

Ce projet est porté par l’Université de Toulon et l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée. Il s’inscrit dans la continuité et le développement des enjeux problématiques et de l’expérience vécue par l’ARC LATITUDE 43 à l’ESAD-TPM de 2018 à 2020, Atelier de Recherche et de Création inscrit dans deux programmes régionaux :

- Des Marches, Démarches du FRAC PACA (2018-2020) : mise en réseau multi-acteurs ayant pour but de partager une vision commune, d’impulser, d’accompagner et de fédérer des initiatives : expositions, installations, performances, workshop, résidences, événements… mais aussi de souligner la capacité de concertation des acteurs de terrain, de valoriser la richesse de leurs propositions artistiques, de construire un nouvel imaginaire territorial et de nouvelles circulations dans une notion dynamique de paysage.

 

-AMENINDEX, projet de recherche régional développé depuis 2018, à l’Université de Toulon, Pôle Echanges et Sociétés ESMED, Laboratoire BABEL: Son objectif, proposer un inventaire des aménités en région Sud-Paca, des parcours, une valorisation d’itinéraires culturels, la constitution d’un corpus d’oeuvres, de lieux et de parcours d’artistes (Maisons d’écrivains et des patrimoines littéraires, chemins des peintres, jardins remarquables…)

Il est issu d’une collaboration transversale entre enseignants, artistes et théoriciens de l’ESAD-TPM, de l’Université de Toulon, Laboratoire Babel, de l’ENSP Versailles Marseille, de l’ESAA d’Avignon, de l’Université de Paris I, de l’Université de Cergy-Pontoise entre autres.

Le projet :

Quels scénarii sont possibles pour tisser des liens entre terre et mer, entre les différents « mondes » du vivant ? Quelles narrations spéculatives, quelles fictions transmédia pourraient investir le champ de la recherche et de la recherche-action pour envisager et créer de nouveaux concepts de coexistence, d’interaction et de collaboration, de cohabitation, de biocoenosis ou biocénose ?

Nos communautés d’êtres vivants terrestres, marins et aériens, végétaux et animaux, partagent des espaces écologiques aujourd’hui fragilisés par les changements climatiques et les actions de l’homme. Ces écosystèmes, entre producteurs de ressources, consommateurs et décomposeurs, constituent la fabrique dynamique de paysages en mouvements.

Cette recherche interdisciplinaire propose d’envisager la mise en oeuvre de nouvelles méthodologies et concepts à la croisée du sensible, de l’art et de l’écologie. Ce projet explore les frontières, frictions et tensions entre conservation, restauration et création, impliquant une réflexion partagée avec les acteurs vivant sur des territoires sensibles ou résilients, entre espaces habités, mer et forêts, forêts et jardins, terrestres ou sous-marins.

La lenteur de nos décisions, les peurs, la conservation des habitudes de consommations et des biens acquis, deviennent de moins en moins compréhensibles au regard des crises écologiques, des transformations des milieux, des états de santé des humains et non-humains entrelacés. Derrière les politiques engagées, nos visions d’avenirs possibles sont perceptibles en creux comme palimpsestes. Comment s’entendre sur des objectifs différents voire contradictoires pour un monde en commun ? Le besoin de nouveaux imaginaires est de plus en plus flagrant : les scénarii du futur construits autour de la notion de progrès, pour un retour à la bougie, ou du business as usual … sont obsolètes et appellent un renouveau dans notre façon de penser, une mise en mouvement de nos repères, modèles. L’artiste, sa sensibilité au monde vivant, sa capacité d’imagination et de création interroge la vie politique, sociale, économique, pour bouger d’un saut nos valeurs et nos visions. Il s’agit d’hybrider, de fertiliser nos imaginaires pour construire des espaces de débat sur d’autres registres que des approches analytiques, dualistes du monde. De ces débats pourront naître de nouvelles visions.

Au regard de nos connaissances et de notre Histoire artistique et culturelle du vivant nous pouvons ainsi nous interroger en nous appuyant sur nos histoires et perceptions singulières :

Quelles hybridités émergentes apparaissent en cette période de transition ?

Quels phénomènes percevons-nous ?

Quelles étrangetés nous interrogent et remettent en question nos points de vue et modèles ? Quels enjeux sont posés par les notions de patrimoine culturel et naturel, matériel et immatériel aujourd’hui ?

 

L’objet de cette mise en réseau réflexive et artistique a pour champs d’exploration et de recherche :

- Interroger, décloisonner et relier les différents récits de science-fiction, anticipation, d’écofiction, fiction design, de narration spéculative au sein des diverses disciplines artistiques, enquêtes et spéculations scientifiques ;

- Analyser et partager les différents lexiques, registres, outils et méthodologies prospectives du monde de l’art, la littérature à celui des sciences humaines, sciences cognitives et sciences dures ; questionner les notions de conservation, de restauration, de création, d’instauration et de résilience en arts et en écologie.

- Participer à la constitution d’un corpus d’artistes, d’auteurs et théoriciens, d’oeuvres, d’écrits, d’expériences permettant de définir quels imaginaires, quels nouveaux concepts traversent la pensée contemporaine pour envisager les futurs scénarii de coexistence du vivant, de biocénose, hybridation, biomorphisme, bio-art, humanimalisme, naturalisme intégral, éco-sophisme…

- Générer une mise en pratique de ces concepts et de cette méthodologie transverse élaborée en latéralités par une production artistique et réflexive, faisant émerger de nouveaux formats, des modalités inédites et innovantes d’enquêtes, de restitution de la recherche artistique, singulière ou plurielle donnant forme aux projections multiples générées la transition écologique.

Des aventures verniennes à Ecotopia, des utopies/dystopies orwelliennes à Bruno Latour, de Mary Shelley à Donna Haraway, ce programme propose de croiser disciplines et regards sur la fabrique dynamique du vivant, des paysages, des écosystèmes : il a pour objectif la syntonisation, la rencontre de pratiques plastiques et paysagères, dans les domaines de l’art et du design, des pratiques littéraires et récits transmédia avec des démarches théoriques et scientifiques.

 

Le projet PaySAGE, transdisciplinaire, est conçu pour se développer sur deux ans.

Pour l’année 2020-2021, le calendrier prévisionnel s’établit comme suit autour d’échanges et de rencontres entre les différents partenaires articulé autour de quatre types de dispositifs :

-          Des conférences et journées d’études

-          Des journées immersives

-          Des workshops

-          Des expositions

 

Membres de l’équipe de recherche, artistes, auteurs et théoriciens, étudiants en Master et Post-Master sont invités à participer à l’ensemble des propositions selon leurs disponibilités, en réel ou en virtuel lorsque les conditions techniques le permettent.

 

Conférences et/ou Visioconférences : rythme mensuel

17 novembre : Charlotte Michel, chercheur-ingénieur sciences-sociologie : Prospective avec les habitants d’une île : Porquerolles à l’horizon 2050. Enjeux d’avenir et écriture de scénarii.

14 Janvier : Jean-Paul Thibeau, méta-artiste, coordinateur des Protocoles Méta, des méta-ateliers et des méta-skholé : Restauration de la perception.

Mars : Laure Lévêque, professeur de littérature, Laboratoire Babel, Université de Toulon, Les Voyages en France de Stendhal : questionner la prétendue objectivité du regard, et la notion même de regard, complètement subordonnée à la vision. Ce qui permet de dégager une typologie des morphèmes paysagers (montagnes / plaines, paysages du sud / paysages du Nord…) qui appartient davantage à la géographie humaine – historique, celle qu’à la même époque on retrouve dans le Tableau de la France de Michelet – qu’à la géographie physique".

Avril : Joëlle Zask, philosophe AMU, Spécialiste de John Dewey et de philosophie sociale : Zoocities, Des animaux sauvages dans la ville.

Mai/Juin : Sylvie Brodziak, professeur de littérature, Laboratoire Agora, Université de Cergy-Pontoise : Sciences humaines et crise climatique, problématique de l’eau, de l’insularité, des frontières de l’eau, déconstruire les grands mythes.

Journées d’études :

Octobre-Novembre 2021 : 2 journées d’études organisées par l’Université de Toulon et l’ESAD-TPM.

Journées immersives : rythme bimensuel

Ces journées collégiales et transversales proposent l’immersion dans une démarche, une/des œuvres, un patrimoine.

Janvier/Février : Journée 1 : " Pèlerinage au Musée-Pierre-de-Luxembourg à Villeneuve-lez-Avignon : une ambulation immersive dans le paysage d’un tableau d’initiation cosmogonique du XVème siècle" Marc Maire, ESAA Avignon.

Mars/Avril : Journée 2 : « Parcours d’artistes » à Porquerolles, randonnée expérimentale, entre paysages réels et paysages fictionnés, Valérie Michel-Fauré, ESAD-TPM et Laboratoire Babel, Université de Toulon.

Mai/Juin : Journée 3 : « Conte immersif », Opéra de Toulon, déambulation dans les « paysages » de l’Opéra, Olivia Papini CNAM (tableaux, peintures décoratives, espaces scéniques…)

Workshop / Exposition / Performance :

Du 15 au 19 mars : workshop Mobilis in mobile au Domaine du Rayol Canadel, Rémi Duthoit ENSP et duo artiste/paysagiste Les Eoliens avec le plasticien Franck Feurté. Projets réalisés par les étudiants en Master et post-Master des écoles supérieures d’art et du paysage, répartis en plusieurs équipes, accompagnés des membres de l’équipe de recherche et d’artistes invités.

Du 29 mars au 2 avril : workshop Porquerolles Cap 2050 sur l’île de Porquerolles, workshop expérimenté par les étudiants en L3 Design et L3 Arts du Cirque, encadrés par Valérie Michel-Fauré et l’équipe d’enseignants de l’unité Design de l’ESAD-TPM, Aurélie Vincq de l’ESACTO’LIDO. Les membres de l’équipe de recherche et  étudiants en Master et post-Master des écoles supérieures d’art et du paysage construiront un récit d’expérience sur la rencontre entre les habitants et acteurs de l’île et du PNPC. Les étudiants qui seront en processus de création d’un évènement-parcours éphémère qui se déroulera les 1er et 2 avril mettront en lien les différents paysages, espaces de l’île (Plages, forêts, jardins…). Un travail documentaire et fictionnel, réalisé par les étudiants du MMI, encadré par Karim Adouane, responsable de la licence pro CVCA, accompagnera cette démarche.

Juin 2021 : Festival du Land art Mobilis in mobile. Vernissage-Rencontre au Domaine du Rayol Canadel, avec l’ensemble de l’équipe du programme de recherche PaySAGE, chercheurs, artistes, étudiants et diplômés. Cet évènement sera accompagné d’une performance de Pascale Weber, duo Hantu, projet « Comme l’herbe pousse », résilience/nature.

Ce vernissage coïncide avec l’évènement « Rendez-vous aux jardins » 2021, qui se tiendra les 4,5 et 6 juin 2021 et dont le thème est « La transmission des savoirs ». L’exposition durera de juin à octobre 2021.

 

Résultats attendus, rayonnement, ancrage territorial, transversalité

Lien avec les stratégies des collectivités – caractère innovant de l’opération sur le territoire

Parmi les résultats attendus, il est prévu que l’ensemble des travaux et recherches menés dans le cadre du projet PaySAGE fasse l’objet de publications dont l’édition scientifique sera assurée par les chercheurs de l’UTLN, l’ESAD-TPM et leurs partenaires dès 2021.

Deux types de collections sont envisagées :

PaySAGE : Bureau des Paysages en mouvements : Revue annuelle papier et transmédia (synthèse de l’activité annuelle)

PaySAGE : Ecostudies/Ecostories[1] (conférences, journées d’études, articles de recherche, écrits d’auteurs et d’artistes, essais, entretiens, catalogues d’exposition,…) Editions spécifiques pour chaque dispositif.

Une édition de synthèse des deux années est également envisagée.

Le projet PaySAGE compte s’inscrire sur la durée et en transversalité avec les partenaires institutionnels, acteurs et chercheurs, entrepreneurs et habitants, tous ceux qui vivent et partagent ce territoire régional. Les questions patrimoniales et environnementales ainsi mises en discussions lors des conférences, journées, expositions et rencontres sont ouvertes à tous les publics.

Il s’agira de décloisonner et relier les narrations spéculatives et réelles.

De mettre en partage les outils et méthodologies prospectives du monde de l’art, de la littérature avec celui des sciences pour en dégager les potentiels écopoétiques.

De construire et organiser un maillage d’artistes, d’auteurs et théoriciens, d’oeuvres, d’écrits, d’expériences permettant de définir quels imaginaires, quels nouveaux concepts traversent la pensée contemporaine pour envisager les futurs scénarii de coexistence du vivant.

De générer une mise en pratique de ces concepts et de cette méthodologie transverse élaborée en latéralités par un rayonnement de la communauté académique de l’UTLN. Cette production de modalités inédites et innovantes d’enquêtes, de restitution de la recherche artistique, a pour objectif de valoriser la place de la recherche universitaire dans la circulation des connaissances, la mise en valeur des patrimoines naturels, culturels matériels et immatériels, l’invention de dispositifs alternatifs entre sciences et arts, accroissant la visibilité de notre université et de la Région PACA à l’international dans l’anticipation des enjeux environnementaux ainsi questionnés et l’écriture collaborative et créative de scénarii futurs.


[1] Ecostudies : étude critique de la « nature », corpus d’œuvres littéraires analysant la notion de nature, ses constructions culturelles et symboliques à travers l’histoire. Pour exemple, la série d’ouvrage Early Modern Cultural Studies 1500-1700, en 37 volumes, 2001-2019 : I.Kamps, K.Raber, Thomas Hallock, Early Modern Ecostudies : From the Florentine Codex to Shakespeare, éditions Palgrave Macmillan, 2016.

Ecostories : « histoires écologiques » racontées notamment dans le champ de l’écodesign, du slow design du fiction design ou design spéculatif, ou encore design critique, explorant les implications d'évolutions futures probables, possibles ou complètement spéculatives.