Ecole, Conférence
Ex-position ou Le dehors du dedans
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Conférence de Jean-Pierre Vallier
Suite à un impondérable la conférence est reportée à une date ultérieure.
Ex-position ou Le dehors du dedans
Une conférence de Jean-Pierre Vallier
A l’origine de la direction prise par cette intervention se fomente une série de questions portant sur notre usage du terme exposition lui‑même. Ne considère‑t‑on pas le sens commun implicite qu’il semble ingénument délivrer comme par trop acquis ? Ne tendons‑nous pas, par habitude, dans la répétition même de cet emploi, à recevoir la signification liminaire partagée par ce sens commun comme intégrale et suffisante ? Et n’éludons‑nous pas ainsi trop vite et imprudemment le recueil d’une problématisation incluse et formulée comme un lapsus ? N’enfouissons‑nous pas par là même involontairement et inconsciemment quelque chose comme une clef, un recel énigmatique ? Et ne passe‑t‑on pas conséquemment à côté de quelque chose comme le dépôt d’une intuition qui, s’immisçant dans la fabrication du terme, a tendu aussitôt à s’y dissoudre et à s’y occulter ?
Pour retisser les liens avec cette intuition souterraine, il nous apparaît indispensable de réactiver la brisure interne sur laquelle se fonde l’étymologie du terme et de la rapprocher de l’analyse de quelques occurrences de moments où certaines œuvres d’art contemporain et leurs modalités d’ex‑position font elles‑mêmes brèche dans le continuum sans faille du réel "ordinaire".
Pour ce faire nous entrelacerons en suivant une approche à la fois philosophique, artistique et architecturale, deux trajectoires déconstructives, l’une plus épistémologique, l’autre plus expérientielle, convergeant à déjouer cette dimension implicite du dispositif ex‑positionnel qui fait obstacle à la prise en compte des enjeux qui se trament dans ses marges.
Sur un plan conceptuel, il s’agira de se défier de « ce monstre : le Dernier Signifié » (Barthes) en cassant le mot par l’intromission d’un tiret pour ne plus omettre de revenir au sens suggéré par cette construction originaire ensevelie par l’usage, et problématiser une association presque contradictoire, entre le fait de (se) positionner, en somme de prendre place, et celui de ne pas y être, d’être ailleurs, dans un extérieur indéfini et, d’une certaine manière, absolu.
Sur le plan des situations disruptives, il s’agira d’observer et de réfléchir diverses modalités du surgissement du fond qui d’ordinaire a vocation à absenter le contexte et à s’absenter lui‑même en tant que dispositif ex‑positionnel. Toutes situations où l’« exposition réfléchissant la notion même d’exposition » tend à son comble à se proposer « pour son propre objet ». Diverses "marges de la représentation ou [divers] ensemble d’opérations constructives menées jusqu’à leurs bords où la représentation s’annule ou plutôt se neutralise (...) pour mieux se construire et se fonder (...). » (Marin) Occurrences paradoxales de disparition-apparition des parerga (Derrida). Recherches d’intensification auratique où l’immanence de l’archaïque valeur cultuelle tend à rebours à se substituer aux effets représentationnels édulcorés par le temps de la valeur d’exposition (Cassirer et Benjamin). Et où sur ces deux plans, se détermine, au fond logiquement, quelque chose du fond de négativité sur lequel s’origine par essence l’architecture comme effraction dans le réel.
Jean-Pierre Vallier est architecte, maître de conférences à l'Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris Malaquais et chercheur au sein du laboratoire GERPHAU - Groupe de Recherche Architecture, Philosophie, Urbanité. Ses participations à des concours d’architecture sur des programmes variés et ses réalisations ont fait l’objet de publications en France et à l’étranger. Il est titulaire d'un DEA de philosophie obtenu sous la direction de J. Derrida et G. Didi-Huberman à l’EHESS consacré à la question de la définition de l’architecture et à G. Bataille. Il a notamment publié divers articles sur la symptomatologie des effets de résistance entre architecture et théorie. L'ensemble de ses recherches et les modalités pédagogiques mis en œuvre dans son enseignement, tentent de comprendre et de dépasser l'isolement caractéristique du champ architectural vis‑à‑vis du mouvement général de la culture et d’interroger au travers du prisme de la déconstruction diverses modalités de la problématisation de notre rapport au réel.
Informations complémentaires :
Mardi 16.05.2023 à 18H00 // Salle de Conférence de l'ésadtpm
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