Etudiants, Pédagogie

Half - Familiar Faces

Du au

Inspiré par le roman expérimental « The Atrocity exhibition » de Ballard, paru en 1970, Half-familiar faces est un accrochage expérimental des étudiants de 4eme année Art à la Galerie de l'école.

Agrandir l'image, .PNG 7.8Mo (fenêtre modale) Auteur : Tifenn Pâris © esadtpm 2024

Half - Familiar Faces

Que signifie faire collectif aujourd’hui ?
Sans abandonner nos individualités, nous tentons de faire corps, de mettre en commun nos énergies, de révéler ce qui nous relie. Et cela en réalisant des actions ensemble, comme d’un seul geste anonyme, sans parenté, dont le message se rêve universel.
Ou bien en respectant les singularités plurielles de chacun.e car les versions multiples enrichissent et complexifient les récits.
Surtout, nous désirons communiquer ce que nous inspire la pensée de l’avenir, nous qui en créons ici et maintenant les fondations. Tout ceci génère des fantasmes, des visions idéales et puis des angoisses.
Half-familiar faces est donc une expérimentation artistique multiface, planifiée, mais néanmoins imprévisible, une semaine de configurations éphémères ; un espace dynamique, sans cesse transmuté ; une narration en plusieurs actes où les temporalités sont remises en question. On efface, on reconfigure, on pose de nouvelles questions.
Mais comment dire le plus possible en un temps limité ?
En questionnant d’abord la nature éphémère de l’exposition aujourd’hui qui, depuis quelques décennies, se voit bouleversée par les exigences modernes d’embrasser la multiplication de micro-évènements fragmentés dans le temps et l’espace et destinés à renouveler l’offre, à créer de l’excitation pour entretenir le désir.
Aujourd’hui, il faut devenir vitrine, développer ses capacités de communication, capter l’attention alors qu’aussi rapidement entraperçue, toute image est aussitôt fantomatique. On questionne sa dimension superficielle, voire artificielle, on s’interroge sur l’impact émotionnel d’une surconsommation visuelle.
Peut-on encore graver une image dans l’esprit ?

Inspiré par le roman expérimental « The Atrocity exhibition » de Ballard, paru en 1970, Half-familiar faces se laisse prendre au jeu de ces divagations haletantes, swipant d’un rêve, d’un souvenir, d’une panique et d’un éclat de rire à l’autre.
En alerte, l’œil et le cœur sans cesse attirés par les spectacles inouïs de l’ordinaire, on se plonge dans cette hyperréalité contemporaine : cette époque de « l’instantanéité qui accroît le sentiment d’urgence et de l’acte manqué » ; cette ère de déchirements et d’hostilités sans cesse réactualisés et dont la documentation digitale surgit à l’instant T.
L’inspiration vient de ce qui nous fascine, nous agite, et nous paralyse.Parce que cette existence frénétique nous donne parfois la sensation d’être étrangers à nous même, parce qu’elle nous fait flirter avec un état de déréalisation, parce qu’elle nous amène à ne voir que « des visages à moitié familiers » (une expression de Ballard), ce projet expographique à dix têtes se veut le reflet de ces errances mentales et sensorielles.
Exploitant une diversité de médiums, on enjambe le drame jusqu’à l’humour, en multipliant les références (à « Crash » et à son adaptation par Cronenberg, à la Bible et à la scène musicale, à la culture internet, au développement personnel et à ses récupérations politiques). L’important est de savoir faire feu de tout bois.
Puisque tout continue de s’accélérer, pendant que nos tâches et obligations se multiplient, puisque rien ni personne n’est prêt de se calmer, nous rentrons dans la transe et donnons à voir notre cerveau partagé.
Entre visions d’anticipation et cycles éternels, entre abattements et envolées, il s’agit de canaliser l’intarissable flux et d’en extraire les signes qu’il faudra encore déchiffrer.


Avec les participations d’Ellvina Bimanato, Thomas Buffenoir, Bonnie Capparos, Thomas Flores, Gabriel Garçonnat, Enzo Massa, Tifenn Pâris, Margaux Téchené, Gabriel Santarelli, Steven Roger et sous l’impulsion de Pamela Bianchi et Pierre Belouin.

 

Informations complémentaires


du 1.07 au 7.04.2024
GALERIE DE L’ÉCOLE
18, rue Chevalier Paul
Place des savonnières
83000 Toulon
Ouvert tous les jours de 9h à minuit

Jour 1
Une installation en vitrine de vidéos réalisées par chaque membre du collectif ; 10 fragments pensés comme une introduction libre d’interprétation.
Jour 2
Des oeuvres anonymes réalisées en collectif, olfactives et sonores, pour manifester l’immatériel ; une présence indéfinie.
Jour 3
Une installation dynamique et mutante de pièces autonomes réalisées individuellement, autour de l’idée générale d’urgence.
Jour 4
Quatre vernissages distincts proposent d’accélérer encore le rythme de l’exposition. Dialogues entre membres du collectif, des expositions à temporalités réduites.
(Horaires : 9h, 13h, 17h, 21h)
Jour 5
La galerie est condamnée, le public est invité à assister à une action collective rue Chevalier Paul, dès 9h.
Jour 6
Les membres du collectif exposent et réalisent en temps réel des éditions (fanzines, affiches) comme autant de versions personnelles de l’expérience de la semaine.
Jour 7
Exposition d’œuvres réalisées individuellement autour de l’idée générale de régénération. Le public est invité à un pique-nique participatif dès midi.